mercredi 25 janvier 2017

Antitweet 108



Upanishads - Un dieu n'est jamais plus digne d'intérêt que lorsqu'il oublie son texte, laissant les incollables sur leur faim.


Etienne Milena ©

mardi 24 janvier 2017

Dear Emily



There is no Frigate like a Book
To take us Lands away
Not any Coursers like a Page
Of prancing Poetry - 
This Travel may the poorest take
Without offense of Toll - 
How frugal is the Chariot
That bears the Human Soul -

Emily Dickinson, Poem 1286


No hay Fragata como un Libro
Para llevarnos a Tierras Lejanas
Ni Corceles como una Página
De trenzada Poesía -
Este viaje lo puede hacer el más pobre
Sin agravio de Tributo -
Qué frugal es la Carroza
Que lleva al Alma Humana -


Il n'existe aucune Frégate telle qu'un Livre
Pour nous mener vers des Terres Lointaines
Aucun Cheval aussi fougueux qu'une Page
De Poésie entrelacée -
À ce voyage le plus pauvre peut être convié
Sans être redevable du moindre Tribut -
Quelle frugalité que celle du Chariot
qui mène à l'Âme Humaine -


(Traduction Etienne Milena pour l'espagnol et le français)


samedi 21 janvier 2017

Salvador Paniker






Hier G. m'a invité à un mosto. Pris de tremblements, il s'est mis à maugréer dans sa barbe des mots en basque, l'oeil torve, dodelinant du chef. Il m'a alors dit que Rejon et Iglesias se trouvaient dans une phase délicate. Que cela tournait au vinaigre. Je lui ai dit que cela s'appelait le bicéphalisme désaccordé et qu'il ne fallait rien attendre de bon de ces tergiversations entre frères siamois fâchés. "Tu parles de notre amitié?" me demanda-t-il. "Non, rétorquai-je, de Rejon et Iglesias. Ils ne font plus que se taper dans la figure". Il m'a alors encouragé à exprimer ouvertement mon avis. Mon avis. Sur Podemos? Oui sur Podemos. Eh bien, politiquement lui dis-je, puisque l'avarice intellectuelle ne prête rien, hormis des intentions, je sais qu'il ne sert à rien d'énoncer quoique ce soit, les autres s'arrangeant toujours pour vous tailler le portrait d'une façon qui les arrange bien. Et pour Podemos, je n'en pense rien de plus que la moyenne nationale. Selon l'intellectuel Amoros, consultable sur le site de S.Zagdanski, Podemos exprime le cri d'alerte de la classe petite-bourgeoise en manque de pouvoir d'achat. Bertrand Russell voyait dans certaines réactions face à l'injustice sociale les marques de la plus déplorable envie. Pour ma part, j'ai toujours souhaité le meilleur pour tout le monde, par pur égoïsme, puisque les gens réalisés sont souvent moins méchants que le reste et présentent une menace moins forte pour l'équilibre général. Il y aurait donc un compromis à trouver entre l'affaiblissement de notre empreinte écologique globale et une compensation matérielle aux classes défavorisées, qui devraient pouvoir, par exemple, après une année d'esclavage et de divertissement, se nourrir correctement et partir en vacances un bon mois loin des cités comme l'infante et Urdangarin. 

Pourquoi ne pas exproprier pour quelques semaines les résidences secondaires des classes dominantes, et offrir des vacances dignes de ce nom aux plus désargentés, au ski ou affalés sur les plages comme tout un chacun? Mais cher G, tu sais comme moi que les prolétaires sont en voie d'extinction. Cela ne marche plus. Délocalisés, atomisés, subjugués par la classe moyenne  par laquelle ils ont fini par être absorbés depuis deux décennies. Les derniers ouvriers qui restent en Espagne, plus qu'en France, sont d'ailleurs plutôt anti-communistes. Ils dédient le gros de leurs économies à suivre leurs équipes de branques jusqu'au Khazakstan. Les propos les plus durs que j'ai pu entendre concernant ton parti, qui d'ailleurs n'est en rien communiste, furent exprimés par des banquiers adipeux ou d'irréductibles prolétaires du pays, sur des chantiers aux abois. Je te rappelle que ceux qui plébiscitèrent Hitler en masse étaient issus des usines.


Enfin, je m'en fus à mon doux chez-moi où m'attendait un cocido madrileño de primera. Doppo ho fatto un pisolino e ho letto un libro davvero interessante chiamato Asimetrias. I hardly know how to define the author who is more an essayist than a philosopher. To me, Salvador Paniker est incontestablement un auteur wirklich capital. L'auteur se définit comme un agnostique mystique, à la différence de son frère, Raimundo, moine débonnaire et érudit qui fut un intellectuel un temps membre de l'Opus Déi. L'oeuvre de Paniker est protéiforme, mais elle tisse sa trame à partir d'un Journal de bord de grand intérêt, d'une rare clarté de vue. Son style doit beaucoup à Josep Pla, un écrivain catalan qui eu une influence immense sur quantité d'écrivains et de philosophes hispaniques, tels que Rubert de Ventós, Luis Racionero (ami de Sollers et d'Aznar, cet ancien hyppie dévergondé a écrit de bien belles choses sur les philosophies orientales et un journal fort instructif sur notre époque). Le style de Pla est simple, sans aucune fioriture. L'auteur du Cuaderno Gris écrivait sur sa campagne environnante, sur son travail de journaliste ou sur ses lectures de l'Ulysse de Joyce. Paniker, lui, centre son propos sur les Upanishads, le Mahabarata (grand comme quinze bibles) la neuro-science. Il ne renie pas l'idée d'aider son lecteur, ce qui pourrait le faire condamner par tout un chacun et le hisser au rang des gourous déliquescents de notre temps. Mais ce serait se priver du plaisir de lire l'oeuvre d'un esprit lucide et fécond, que de l'écarter de sa bibliothèque pour si peu.

mardi 17 janvier 2017

Antitweet 107




Éthique a minima - Que la mort vienne nous cueillir vivants, par-delà les enfumages de la Raison, et n'y penser que les jours de grippe.


Etienne Milena ©

Antitweet 106



Pragmatisme éditorial - Les rubriques nécrologiques des journaux seraient trop courtes si elles s'en tenaient à faire la liste des personnes que la mort est venue chercher vivantes.

Etienne Milena ©

lundi 16 janvier 2017

Antitweet 105


On peut évaluer la taille d'un homme à celle des ennemis qu'il se choisit.

Etienne Milena ©

jeudi 12 janvier 2017

Antitweet 103



Éclaircie - Se trouver au plus bas de soi-même empêche d'être rabaissé.


Etienne Milena ©

Antitweet 102


Échelle humaine - Le monde taille trop grand au raciste.


Etienne Milena ©

dimanche 8 janvier 2017

Take away



Como no la veíamos tanto (eufemismo), hemos pedido a Vodafone cortarnos la televisión hace una semana. Habíamos pedido a esta corporación inglesa internacionalizada volver a ponernos la única cadena valiosa, Arte. En vez de eso, nos pusieron, los muy cabrones, una cadena porno con pelis muy mal dobladas. Había que elegir entre las versiones francesa y española. Las actrices tenían este acento del Québec que odio: recuerdó los temibles cantos de Linda Lemay chupando Roberto Charlebois (Carlos Madero en castellano). En cuanto a la versión española, eran seguramente unos actores de Puerto Rico ya que hacían cantar sus palabras, incluso con la boca llena. Parecía una telenovela con culos al aire y pechos hinchados. Unos globos listos para la gira al mundo de la idiotez universal. La última vez vinieron a casa mis sobrinos, y uno de ellos puso la 33 que retransmitía una deep-throat con ruidos de cerdos devorando bellotas, lo que me indignó bastante, por no hablar de los padres subyugados delante de esta cantidad de foutre desperdiciado. En fin, pedimos a Vodafone quitar la 33, y las 150 otras cadenas también. Y mi familia adoptiva ya no viene a casa.


I was pretty upset about this sad situation. I decided to read the Shakespeare's Sonnets which deal with that kind of issues. Après tout la vie, c'est passer du mou au dur, jusqu'au mou définitif- If I had to take away some book to an island, I think that would be the Complete and bilingual masterpieces of Shakespeare. I noticed something interesting about the best books. A great book implies an idea of mistery. That is precisely why I blame french litterature for. Shakespeare uses more than 20000 words (inventing 3000 of them) while Racine uses a less extended vocabulary (5000 words). But it'snot the point. Shakespeare writes on a celtic background, genuinely with an inborn sense of chiaroscuro. Racine is a monster, don't misunderstand me. But Shakespeare goes further in his struggle against commonplaces and preset forms. He chases away the limits of consciousness and unconsciousness, of darkness and light. His playful tendancy for alliterations remains me the best elements of modern hip-hop. Above all, Shakespeare should be known and remained as the most perfect musician. 

mercredi 4 janvier 2017

Antitweet 101




Chaque courant de pensée est un ventriloque à qui l'on peut faire dire ce que l'on veut, a plus forte raison si nous n'en sortons pas contredits.

Etienne Milena ©

Antitweet 100



On écrit pour dresser le bilan de ce qu'on lit, puis on lit pour dresser le bilan de ce que l'on écrit. Le premier lecteur possède moins d'a priori que le second, qui s'est trouvé en cours de route, et ne compte pas se délester d'une si bonne compagnie aux profit d'autres moins réconfortantes.

Etienne Milena ©